Je ne vous apprends rien en disant qu’il fait beaucoup trop chaud en ce moment et qu’un peu de fraîcheur ne fait pas de mal. Dans l’assiette, je mise tout sur les agrumes, les légumes croquants ou encore du poisson frais, d’où la recette du jour.

Pour cette recette, j’ai adoré me servir des fleurs d’aneth, pas uniquement pour faire joli, mais aussi pour toute la réflexion qu’il y a eu derrière ces quelques tiges. Comment aimer cuisiner avec des plantes ou des fleurs sans en connaître davantage ? Pourquoi se lancer dans des recettes à rallonge quand on passe certainement à côté de choses toutes simples mais qu’il faudrait encore reconnaître ? Comment arriver à une cuisine la plus brute possible sans en savoir plus sur les trésors qui ne se trouvent pas toujours au marché et encore moins au supermarché ? Comment se servir au mieux de ce qui nous entoure ?

J’étais déjà parvenue à cette réflexion pendant la saison de l’ail des ours. Un dimanche, j’avais embarqué futur mari et enfant pour aller en cueillir. Et après quelques arrachages de feuilles, le doute : « non mais attends, ici on cueille du muguet aussi, les feuilles se ressemblent, je ne suis pas une spécialiste, j’ai pas envie d’avoir un encart dans les DNA où l’on annonce que je mange des pissenlits par les racines parce que j’ai mangé les mauvaises feuilles, allez on se casse ça m’énerve » (à peu près, avec moins de gros mots dans la présente retranscription de ce moment).

Et depuis : l’envie de découvrir et d’en apprendre plus sur les végétaux est devenue un besoin.

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Vous ne le savez peut-être pas, mais la cuisine pour moi est ma passion première qui va bien au-delà du fait de tenir un blog. Pendant longtemps, je ne me suis pas sentie légitime, ayant suivi un cursus qui n’a rien à voir, j’ai eu tendance à me réfréner. Puis je me suis aperçue que c’était le seul domaine dans lequel je me sens en phase avec moi-même et qui en plus, ne me demande pas de faire d’efforts et d’avoir le sentiment de nager à contre-courant. Même lorsque j’apprends et que je me plante, j’aime (oui parce que l’envie me démange aussi de créer une rubrique : les gros ratés !). Ce qui n’a pas été le cas lorsque je me suis abîmée sur les bancs de la fac de droit.

Dans ce cheminement, j’éprouve de plus en plus l’immense besoin de me retrouver au calme, au vert et de me recentrer sur des choses moins futiles que ce que je peux avoir l’habitude de voir passer au quotidien, notamment sur les réseaux sociaux, cette chose que j’aime autant que je déteste par moments. Ces facettes surjouées, surenchéries, parfois très superficielles et préfabriquées me crispent. De même que le sous-marinage (je pose ça là, comme ça). Je dois certainement en crisper d’autres aussi et je me demande souvent comment ne plus en être, comment coller le plus possible et le mieux à la réalité.

Prendre en photo le panier à linge qui déborde, les moutons de poussières dans l’appartement, la chaise haute d’Alice maculée de confiture et autres restes, raconter à quel point j’en ai marre de travailler de chez moi et d’avoir l’impression de faire des choses bien vaines par rapport à mes aspirations ? Ce n’est, à mon sens, pas une solution concluante, ni constructive. Et puis, on connait tous assez pour ne pas en rajouter !

J’ai aussi l’espoir que nous sommes tous et toutes aptes à réfléchir par nous-même et d’arriver à la conclusion selon laquelle tout ce que l’on voit n’est que ce que machin a bien voulu montrer et que chacun connaît des moments moins sympas que d’autres. Il faut « juste » se le dire et s’en rappeler.

Que tout n’est pas successions de vacances de rêves, familles dans lesquelles tout roule et où l’on roucoule, restaurants ultra-fancy, décorations millimétrées ou toutes autres compositions photogéniques.

Alors je montre ce que j’aime, quand j’en ai envie : un lieu qui m’a transportée et émue, ce que j’aime manger, un paysage qui m’a fait faire des bonds dans l’estomac, pourquoi pas une composition que j’ai adoré réaliser, pourquoi pas non plus une déco millimétrée parce que j’ai profité du calme ambiant et du ménage qui vient d’être fait, une photo qui ne veut peut-être rien dire pour la personne qui regarde, mais que j’ai eu envie de placer au milieu d’une galerie en prévision de ce moment où lorsque j’aurais envie de me rappeler à mes souvenirs, je puisse retrouver des points marquants. Une espèce de chronologie de la vie en couleurs, un journal que je n’ai jamais tenu par ailleurs, avec ou sans filtre, selon les moments. Je trie, aussi, sur les réseaux, comme dans la vie, j’éloigne, je donne, je revends, me contente de ce qui me fait vraiment plaisir en dehors de celui de posséder à outrance ou de faire ce qui ferait plaisir à tout le monde sauf à moi. C’est dur au début, de se détacher, mais on y prend très vite goût, comme un gain de place.

Et parmi les choses nécessaires qui me font plaisir en ce moment, c’est de me laisser porter par les changements qui s’imposent à moi. Pas facile pour quelqu’un comme moi qui aime contrôler jusqu’à s’en épuiser parfois, surtout depuis que je suis mère. De nouveaux horizons s’ouvrent à nous trois, ailleurs. Et après avoir beaucoup douté, l’une de mes autres spécialités, j’ai désormais hâte ! Je suis convaincue que rien n’arrive jamais par hasard et que tous ces changements à venir tombent à pic finalement.

J’espère ne pas vous avoir perdu.e.s avec ces quelques digressions et vous avoir donné envie de réaliser cette recette pour vous, vos amis ou votre famille 🙂

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[kindred-recipe id= »1678″ title= »Ceviche de St-Jacques, légumes croquants & fleurs d’aneth »]